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MIDEM AFRICA : UN PORTAIL POUR LE MARCHÉ MUSICAL AFRICAIN

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Comme chaque année depuis 55 ans, le marché mondial de la musique à savoir le MIDEM a eu lieu.

Même si à cause de la pandémie COVID-19  la rencontre est beaucoup plus virtuelle, les différents acteurs locaux ont pu se rencontrer physiquement dans le strict respect des mesures barrières le 30 Juin et 01 Juillet derniers à l’Institut Français (dans le cas du Cameroun)

Cette année, le berceau de l’humanité a été au devant de la scène. Tous les projecteurs ont été braqués sur lui pour 02 raisons principales :

– C’est le nouvel el dorado musical.

– Sa très forte population jeune.

Avant de parler des rencontres proprement dites, nous allons d’abord présenter le MIDEM de manière globale.

MIDEM: GENÈSE

Midem ©️ popruntheworld.pl

♦ Notion

Organisé par le groupe de communication française REED MIDEM (anciennement appelé MIDEM Organisation), le Marché International du Disque et de l’Édition Musicale (MIDEM) est “LE” grand rendez-vous incontournable de l’industrie musicale mondiale.

BERNARD CHEVRY: le père fondateur du MIDEM

Bernard Chevry ©️ Radio-France.com

Né le 03 Novembre 1922, BERNARD CHEVRY n’est pas à sa première création d’un marché international sur un domaine précis.

En effet, il a créé le MIPTV (Marché International des Programmes de Télévision) en 1963 et le MIPCOM (Marché International des Programmes de Communication)

Il a également aider à monter le Festival International de Programmes Audiovisuels (FIPA)  qui avait lieu à Cannes avant d’être délocalisé à Biarritz.

BERNARD CHEVRY pense à la création du MIDEM en 1966 et organise sa 1ère édition le 03 Février 1967 à Cannes. Il va le présider de 1967 à 1988.

Éditeur de presse également, il va être Administrateur puis Président par Intérim du groupe public RADIO FRANCE jusqu’en 2004. Il décède le Vendredi 17 Mai 2019 à l’âge de 96 ans.

♦ BUT ET OBJECTIFS

Le but du MIDEM est de permettre aux représentants de l’industrie musicale et aux artistes de faire du business et/où se créer un réseau.

Et pour que celui-ci soit atteint, il organise :

  • Des conférences ou live sessions afin de s’informer sur les dernières tendances musicales.
  • Des master class pour être mieux outiller.
  • Des concerts afin de découvrir, signer ou faire signer de nouveaux artistes.

LA MUSIQUE AFRICAINE À L’HONNEUR

Instruments africains ©️ Fuseau.com

l’Afrique est le continent le plus convoité et le plus courtisé pour ses richesses naturelles. Et la musique n’est pas en reste parce que depuis 02 ans, elle a un traitement spécial au MIDEM.

Si la musique africaine a eu une place de choix lors des précédentes éditions, cette année elle a été THE STAR.

Du 28 Juin au 02 Juillet 2021, le tapis d’accueil a été aux couleurs de l’Afrique.

Les différentes lives sessions et débats ont permis d’échanger ainsi que s’informer sur l’avenir de la musique africaine.

RICHE  MAIS MAL GÉRÉE : Cas du Cameroun

Plan de gestion ©️ Sharafmaksumov

Dans son interview accordé au magazine JEUNE AFRIQUE le 05 Juin 2019, ALEXANDRE DENIOT, Directeur du MIDEM a dit je cite :

Bien que hyper actif, le continent africain ne représente encore que 2% des revenus de l’industrie musicale.

Alexandre DENIOT, Directeur du MIDEM ©️ norewide.com

Si dans ces 2% l’Afrique de l’Ouest (avec les pays comme le Nigéria, le Ghana) et Australe (l’Afrique du Sud) arrivent à sortir leur épingle du jeu, ce n’est pas le cas de l’Afrique Centrale en général et le Cameroun en particulier.

Il est évident que la musique camerounaise (précisément urbaine) a de nombreux portes-étendards; mais pourquoi a-t-elle du mal à trouver sa place sur le digital et à s’exporter ?

Durant 02 jours, un énième échange à ce sujet a eu lieu. Voici quelques constats qui ont été relevés:

  • Un manque criard d’investisseurs d’art musical

Ce n’est un secret pour personne que la majorité des artistes sont dans l’auto-production. Bien qu’elle a pour avantage d’être libre de ses choix, elle a cependant un inconvénient ou frein majeur à savoir les finances d’où l’importance des investisseurs.

Ils ont la capacité d’effectuer de gros investissements afin de permettre à l’artiste de travailler dans de meilleures conditions. Car la musique ce n’est pas que l’artiste chanteur, mais c’est toute une équipe qui l’accompagne.

Pour appuyer mes propos, je prends comme exemple cette anecdote racontée par l’artiste SALATIEL:

Lors de l’avant-première du dessin animé LION KING aux USA, un investisseur nigérian a pris entièrement à sa charge le transport, l’hébergement, la nutrition des artistes de son pays qui ont travaillés sur ce projet afin qu’ils soient présents.

Ici au Cameroun, les entreprises qui ont fait la même chose, n’ont même pas pris la peine de m’inviter pourtant je suis le SEUL artiste francophone à avoir collaboré dans cette œuvre.

Midem, Institut Français du Cameroun ©️ Bantouqueen

  • Les datas, le nerf de la guerre

Il est vrai que ce problème est général en Afrique comme le souligne Mr MICHEAL UGWU (Général Manager de SONY MUSIC ENTERTAINMENT, WEST AFRICA) dans une live session.

Dans le cas du Cameroun, cela est à tous les niveaux.

Comment est mesuré le taux d’audience dans les radios et télé? (tout le monde s’autoproclame n⁰01); par quels moyens les données de vente des œuvres musicales sont chiffrées et calculées? Pourquoi certaines entreprises ne payent-elles pas les redevances audiovisuelles ? Et pour terminer comment est faite et calculé la répartition des redevances des droits des artistes gérée par les différents Organismes de Gestion Collective (la SCDV, la SOCADAP, la SCAAP, la SOCILADRA, la SONACAM).

Comme exemple, nous avons l’artiste ANNIE ANZOUER qui après 30 ans de carrière a reçue 45000F CFA lors du dernier paiement des droits d’auteurs du Cameroun.

ANNIE ANZOUER ©️ Cercles des STARS du 237

  • L’originalité musicale

Les années 70/80 et début 90, ont été glorieuses pour la musique camerounaise sur le plan international grâce notamment au MAKOSSA.

Elle a été en baisse de régime avant de revenir en grande pompe sur le devant de la scène avec le célèbre groupe de musique urbaine X-MALEYA dans les années 2000.

Ils ont su valoriser les genres musicaux de chez nous tout en y ajoutant une touche de modernité. Et c’est cela qui fait leur particularité jusqu’aujourd’hui.

Malheureusement, certains artistes (notamment ceux à la course du buzz) copient le rythme ou le style musical à la mode.

Pourtant la musique de l’Afrique en miniature possède une immense richesse de genres musicaux tels que : le MAKOSSA, le BITKUSI, LE MANGABE, l’ESSEWE, le BENKSKIN, le MBOL, l’ASSIKO, l’AMBAS-BAY, le TCHAMASSI et le tout dernier le MBOLÈ.

Pourquoi ne pas les valoriser ainsi que nos langues comme le font les nigérians avec l’afrobeat et le yoruba ?

  • La qualité phonographique

SALATIEL a dit je cite:

Il n’y a pas de petit artiste, il y a plutôt de la bonne ou mauvaise musique.

TAPHIS a également dit:

Un contenu de qualité favorise la popularité.

Nous mettons cette pensée sur une balance quant on sait que nous avons une star locale connue et reconnue pour ses chansons et vidéos interdites au moins de 18 ans avoir une énorme popularité auprès de la jeunesse Camerounaise.

Nous disons plutôt que le contenu de qualité favorise la notoriété sur le très long terme.

Il est important d’avoir de la musique de QUALITÉ parce que celle-ci est le reflet de la société et le miroir d’une nation à l’international. Le célèbre Philosophe PLATON n’a t-il pas dit je cite :

Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique.

Midem, Institut Français du Cameroun ©️ Bantouqueen

  • La non structuration de l’industrie musicale

Tout ce que nous venons de citer plus haut ne peut être possible que s’ il y a STRUCTURATION.

Nous ne pouvons réellement parler ou espérer à celà si nous avons l’appui ainsi que l’accompagnement gouvernemental, puis si nous appliquons chacun à notre niveau les BONNES PRATIQUES liées au métier.

Soulignons néanmoins que malgré tous ces manquements, les artistes camerounais sont des MAGICIENS vu les conditions dans lesquelles ils produisent leurs œuvres.

Ils arrivent tant bien que mal à exporter le savoir-faire local, et à impacter l’univers musical mondial même si cela est encore à une petite échelle.

Je pense notamment à:

  • SALATIEL qui a un featuring avec BEYONCÉ et PHARELL WILLIAMS.

SALATIEL, Beyoncé, Pharell Williams ©️ www.ginapromotes.com

  • FRANKO avec son tube planétaire “COLLER LA PETITE”.

FRANKO ©️ ivoirematin.com

  • STANLEY ENOW featuring DIAMOND PLATINIUMZ et ARIEL SHENEY

Stanley Enow, Ariel Sheney, Diamond Platnumz ©️ critiqsite.com

Pour ne citer que ceux-là dixit PATRICK EBONGUE.

La valorisation et la consommation des produits locaux (quelque soit leur nature) a toujours été la force d’un pays (nous le voyons au Nigéria et même en Afrique du Sud). Et c’est cette force interne qui active la consommation à l’international (même si ce n’est pas toujours le cas)

La musique camerounaise peut de nouveau avoir de beaux jours si et seulement si:

  • Les artistes produisent un contenu de QUALITÉ.
  • Nous apprécions et valorisons nos artistes en consommant de manière LÉGALE leurs œuvres.
  • Les artistes à leur tour soutiennent et valorisent le savoir-faire local.

Ceci exige une VOLONTÉ, SOLIDARITÉ, PROFESSIONALISME et DISCIPLINE de la part de TOUS.

Sources: www.ama-france.com / www.wikipedia.org / www.cbnews.fr / www.citation-celebre.leparisien.fr

Let The African Vibration Rain On You.

 

 

 

 

 

 

 

 

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