TENOR entre dans l’histoire : confessions après son Hennessy Cypher 2026

Certains moments marquent un tournant.

La participation de TENOR au Hennessy Cypher 2026 en est un.

Pour la première fois dans l’histoire du rap camerounais et de l’Afrique Centrale, TENOR y a inscrit sa voix en lettre d’or, offrant une performance entre puissance et authenticité.

Dans cette interview, TENOR se confie avec naturel sur sa participation historique à ce rendez-vous majeur du hip-hop mondial.

👑Bantouqueen : Bonjour TENOR, et sois le bienvenue chez Bantouqueen. Merci de nous accorder cette interview.

🟡Tenor : Merci également à vous de m’avoir invité et pour votre intérêt à ma modeste personne.

👑 Bantouqueen : Tu entres dans l’histoire comme étant le premier rappeur camerounais et d’Afrique Centrale à participer au Hennessy Cypher 2026. Quelle a été ta première réaction lorsque l’équipe de Hennessy t’a contacté ?

🟡Tenor : Franchement, j’ai d’abord pris le temps de réaliser. Parce que quand on te parle d’une plateforme comme le Hennessy Cypher, tu comprends immédiatement que ce n’est pas juste un morceau de plus. C’est une institution dans le rap africain.

Ma première réaction a été beaucoup de gratitude, mais aussi beaucoup de pression.

Je me suis dit : « Ténor, là, tu ne représentes pas seulement Ténor. Tu représentes le Cameroun et toute une partie de l’Afrique qui attendait cette place. » Donc il fallait être à la hauteur.

👑 Bantouqueen :  Qu’as-tu ressenti en découvrant la vidéo officielle ? Et depuis sa sortie, quels sont les retours qui t’ont le plus marqué ?

🟡Tenor : La première fois que j’ai vu le rendu final, j’ai eu ce sentiment de fierté que tu ressens quand quelque chose dépasse ton imagination.

Je savais ce que j’avais donné en studio. Je savais ce que j’avais écrit, mais voir tout ça prendre une dimension visuelle et internationale, c’était différent.

Et les retours qui me touchent le plus, ce sont ceux des jeunes Camerounais qui me disent : « Grand, on est fiers de te voir là-bas. »

Parce qu’au final, c’est pour ça qu’on fait de la musique. Pour que quelqu’un, quelque part, puisse se reconnaître dans ton parcours.

👑 Bantouqueen : On a longtemps vu l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Sud à ce niveau. Qu’est-ce que cela signifie pour toi d’ouvrir enfin la porte pour l’Afrique Centrale ?

🟡 Tenor: (pause) C’est une responsabilité.

Je ne veux pas être celui qui est entré et qui a fermé la porte derrière lui. Je veux être celui qui est entré et qui l’a laissée grande ouverte.

Le Cameroun a énormément de talents. L’Afrique Centrale en a énormément. On n’a jamais manqué de talent. Peut-être qu’il nous a parfois manqué des plateformes pour montrer ce talent au monde.

Si ma participation peut permettre à un jeune artiste de se dire : « Moi aussi, je peux être là », alors j’aurai déjà gagné quelque chose de très important.

👑 Bantouqueen : Quelles inspirations musicales ou culturelles ont nourri ton style pour ce Cypher ?

🟡 Tenor: Je suis Camerounais avant d’être rappeur. Donc forcément, tout ce que je suis se retrouve dans ma musique à savoir ma langue, mes racines, les sonorités que j’ai entendues en grandissant, le makossa, le bikutsi, le rap, mais aussi tout ce que j’ai pu écouter en dehors du Cameroun.

Pour ce Cypher, je voulais surtout que lorsqu’on m’entende, même sans voir mon visage, qu’on puisse dire : « Ça, c’est le Cameroun. »

👑 Bantouqueen :  Le Hennessy Cypher réunit des artistes de divers horizons. Qu’as-tu appris de cette diversité ?

🟡 Tenor: J’ai appris qu’on peut avoir des univers complètement différents et parler le même langage : celui de la musique.

Chaque artiste arrive avec son histoire, son accent, sa manière de poser, sa culture. Et pourtant, tout fonctionne ensemble.

Ça m’a rappelé qu’il ne faut jamais avoir peur de sa différence. Au contraire, c’est souvent elle qui fait ta force.

👑 Bantouqueen : Comment est-ce que cette expérience influence tes prochains projets ? À quoi devrons-nous nous attendre ?

🟡 Tenor: Je pense que cette expérience m’a encore donné faim.

Elle m’a rappelé que je suis capable d’aller chercher des choses que je n’avais peut-être même pas encore imaginées.

Donc forcément, la suite va être ambitieuse. Je veux continuer à faire évoluer mon univers, à travailler avec des artistes différents, à dépasser les frontières et surtout à faire une musique qui voyage.

Je ne veux pas simplement sortir des morceaux. Je veux construire quelque chose qui reste.

👑 Bantouqueen :  As-tu eu un rituel ou autre chose en particulier avant de rentrer dans le cercle ?

🟡 Tenor : Mon rituel, c’est surtout de me mettre dans ma bulle.

Avant de rentrer dans un moment comme celui-là, j’essaie de couper le bruit autour de moi. Je respire, je pense à tout le chemin parcouru et je me rappelle pourquoi je suis là.

Parce qu’avant le public, avant les caméras, avant Hennessy, il y a toujours le petit garçon qui rêvait simplement de faire du rap.

C’est avec lui que je rentre dans le cercle.

👑 Bantouqueen : Quelle punchline de ton texte résume le mieux ton état d’esprit actuel ?

🟡 Tenor: Je dirais celle qui traduit le mieux cette idée : je ne suis pas arrivé jusqu’ici pour m’arrêter maintenant.

Parce que pour moi, ce Cypher n’est pas une ligne d’arrivée. C’est une nouvelle ligne de départ.

👑 Bantouqueen : Maintenant que tu as fait le Hennessy Cypher 2026, quelle est la prochaine barrière historique que tu veux briser pour le rap camerounais en particulier et le rap d’Afrique Centrale en général ?

🟡 Tenor : Je veux voir un artiste camerounais être considéré naturellement parmi les plus grands artistes du continent, sans que sa provenance soit une surprise.

Je veux qu’on puisse parler du rap camerounais à l’échelle mondiale.

Et surtout, je veux qu’on arrête de parler de potentiel. À un moment, il faut que le potentiel devienne des faits.

👑 Bantouqueen : Comment penses-tu que ta participation inspire les jeunes Camerounais et Africains ? Et quels conseils leur donnes-tu pour viser aussi haut ?

🟡Tenor : Je veux leur dire de travailler.

Le talent peut te faire remarquer, mais c’est le travail qui te permet de rester.

Et surtout, ne cherchez pas à devenir quelqu’un d’autre pour réussir. Moi, si j’avais essayé d’être un autre rappeur, je ne serais probablement pas arrivé jusqu’ici.

Travaillez votre identité. Travaillez votre art. Soyez patients.

Et surtout, rêvez grand, même lorsque les autres trouvent votre rêve trop grand.

👑 Bantouqueen : Comment aimerais-tu que l’on se souvienne de ta participation au Hennessy Cypher 2026 dans dix ans ?

🟡 Tenor: J’aimerais qu’on se dise : « C’est à partir de cette édition que l’Afrique Centrale a vraiment commencé à prendre sa place dans cette conversation. »

Je ne veux pas qu’on se souvienne uniquement de Ténor.

Je veux qu’on se souvienne d’un Cameroun qui est venu, qui a assumé son identité et qui a montré qu’il avait sa place.

👑 Bantouqueen : As-tu un dernier mot ?

🟡 Tenor: Merci.

Merci à Hennessy pour la confiance. Merci à toutes les personnes qui ont travaillé sur ce projet. Merci à ceux qui me soutiennent depuis le début et à ceux qui découvrent mon univers aujourd’hui.

Et surtout, merci au Cameroun.

Je suis venu avec mon histoire, ma culture, mes langues et mon énergie.

J’espère que derrière moi, beaucoup d’autres artistes camerounais et africains viendront écrire leur propre chapitre.

Parce qu’un rêve devient encore plus beau lorsqu’il permet à quelqu’un d’autre de rêver à son tour.

TENOR
TENOR © Facebook Page TENOR

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